Pig boy 1986-2358

de Gwendoline Soublin

Pig boy  1986-2358 : Trois histoires de cochons, où il n’y a pas de loup ni de petits enfants,où la morale se cache, et où la fin de l’histoire nous renvoie à nos propres interprétations …


Le texte

Pig Boy 1986-2358 : Une fable contemporaine, qui s’amuse des codes de la narration, et qui nous faisant petit à petit basculer dans un univers de science-fiction et dans le rêve, nous interroge dans notre réalité et dans notre rapport au monde.

Comment aujourd’hui comprendre ces paroles de la Genèse que Dieu aurait adressé aux hommes : « Croissez, multipliez »…? Qu’est-ce-qui est naturel ? Qu’est-ce-qui est artificiel ? Qu’est-ce qu’un animal ? Qu’est-ce qu’un homme ? Qu’est-ce que vivre ?…

Pig Boy 1986-2358 : un texte-gigogne en trois parties, trois mouvements. Un récit qui se construit à travers trois écritures très différentes, qui traverse trois temps, trois registres de langues, trois réalités, ou virtualités…

La première partie raconte l’histoire d’un jeune éleveur français de porcs en proie à la crise agricole des années 2010, et qui se rêve cow-boy… Une histoire semblant offrir au héro des choix multiples, mais où le conditionnement détermine sa vie. C’est l’histoire d’un drame rural, celui de l’élevage intensif, une culture de mort, où   les exploitants ne sont pas moins esclaves que leurs cochons.

La deuxième partie imagine Pig Boy, porc-star de la marque de jambon PERTA et descendant direct d’un des porcs de cet éleveur breton, accusé d’avoir copulé avec une fan japonaise, et qui se retrouve sous le feu des projecteurs à l’occasion d’un procès médiatique virtuel, où le public peut décider de son sort… Un procès sulfureux, bourré d’humour noir, écrit comme une polyphonie (voire cacophonie).

La dernière partie propose une échappée vers un futur onirique. Nous sommes en 2358 dans la tête d’une truie qui s’évade d’un laboratoire-maternité, dans laquelle elle mettait bas des bébés humains.

C’est l’histoire de sa fuite vers la forêt… Un récit autobiographique épuré, au rythme haché, essoufflé, étrange…

Pig Boy 1986-2358 : Un texte fort, composé de trois parties très contrastées mais qui résonnent entre elles comme si elles gardaient en mémoire la tragédie de départ.

Trois histoires, où bêtes et hommes se cherchent une raison d’être, au milieu des flux technologiques et la montée du transhumanisme… Trois histoires n’en sont en fait qu’une seule : celle d’un personnage symbolique, Pig Boy, tantôt humain tantôt cochon, qui lutte contre un système sélectif écrasant et tente de définir son identité  au milieu d’un monde uniformisé qui élimine ceux qui ne correspondent pas au modèle dominant…

Tout au long de la pièce, la maltraitance faite aux animaux résonne avec celle faite aux hommes, dans une société de profit qui ne prend soin ni de l’humain ni de l’animal. Aujourd’hui nous ne voulons plus mourir, mais pour autant, c’est comme si nous ne savions plus vivre.

Prenant une forme souvent drôle, parfois loufoque, et même délirante, ce texte fait apparaître les multiples folies qui, les chosifiant, saccagent la vie et la dignité des hommes…

La conclusion de la pièce, quelque peu obscure, reste ouverte… Parabole ?

L’essentiel est peut-être que cette odyssée porcine nous fasse mieux comprendre et fuir les horreurs qu’elle met en évidence.


La lecture

Nous avons été attirés par une écriture efficace, incisive et très originale.

Nous avons eu envie de nous emparer de ce texte écrit par Gwendoline Soublin, une jeune femme d’aujourd’hui, qui dénonce les dérives de notre société tout en restant drôle et vivant . Un texte qui à notre époque souvent opaque interroge notre histoire proche, notre présent, et notre avenir.

La richesse du propos et le rythme du texte nous ont amené à en imaginer une lecture vivante, à trois voix.

Le dispositif scénique pourrait évoluer en suivant le fil du récit, modifiant à deux reprises le rapport acteurs/spectateurs . L’idée est de donner à entendre le texte de manière ludique, au plus près du public.

Trois comédiens, deux hommes et une femme, pour se partager une parole vive, faite de drames et d’accidents, qui ne laisse pas le temps d’incarner des personnages, mais serait comme un flux…

D’une partie à l’autre du texte on change d’ époque, de situation, d’angle d’approche, , de langue… Et la fiction devient science fiction…

Ce texte foisonnant et plein d’invention doit se révéler moteur de jeu pour les acteurs, leur offrant une partition riche et originale.

Un temps de pause pourrait avoir lieu entre chaque partie, avec pourquoi pas une distribution aux spectateurs de jambon PERTA ?…

Extrait

Alors ne pas se déconcentrer, nourrir les porcs, vacciner les porcs, inséminer les truies, aller au tribunal, remplir la paperasse pour les aides de la PAC, limer les dents des porcelets, réparer les enclos, récolter le maïs, surveiller la météo, faire une demande de RSA, commander des tourteaux de soja, remuer les champs, sevrer les porcelets, verser les pesticides, ne pas faire honte à ton héritage…


L’équipe artistique

Gwendoline Soublin : autrice, comédienne et scénariste.

Née en 1987, elle a intégré le département Ecrivain Dramaturge à l’ENSATT (Lyon) en 2015. Elle écrit également pour la jeunesse ainsi qu’avec des marionnettistes. Pig boy 1986-2358, lauréate des Journées de Lyon des auteurs de théâtre 2017, est sa première pièce publiée aux Editions Espaces 34.Gwendoline Soublin a apporté son soutien à notre projet, et elle est prête à venir dans le Lot pour accompagner la lecture d’une rencontre avec le public!

Olivier Leuckx :  Comédien, metteur en scène.

Son parcours théâtral commence dès 1995 puis se poursuit avec des études théâtrales à l’Université d’Aix-en-Provence (Formation pratique et théorique qui ira jusqu’en Licence et en Maîtrise). Il devient comédien professionnel en 1999 avec la Cie « In pulverem reverteris » dirigée par Danielle Bré, joue à Avignon avec Sylvie Boutley, participe à la création du Collectif  » Ah vous dirais-je… », puis travaille de 2000 à 2003 à Marseille (Belle de Mai) au  » Théâtre Les Bancs publics d’essais et d’erreurs »… De 2004 à 2012 il travaille en tant que comédien avec plusieurs compagnies lotoises, en particulier « l’Oboubambulle » et « Gouttes d’eau ». Il perfectionne sa pratique de la lecture à voix haute et du jeu de l’acteur avec de nombreux auteurs (Alain Gautré, Catherine Zambon, Nathalie Papin, Joël Jouanneau, Fabrice Melquiot, Marion Aubert, Jacques Rebotier, Nathalie Filhon, Sylvain Levey, Stéphane Jaubertie, Eric Durnez…). Il est aussi artiste intervenant en milieu scolaire auprès de l’ADDA du Lot et dirige de nombreux ateliers amateurs. En 2013, en s’entourant de compagnons de route, Il fonde la compagnie La bOucle, dont il devient le directeur artistique et le metteur en scène, en créant plusieurs spectacles et lectures dans lesquels il joue le plus souvent.

Emilie Cadiou : comédienne , chanteuse, musicienne.

Elle s’attache à l’accordéon chromatique en 2000. Elle écrit, compose et chante ses chansons en s’accompagnant. Diplômée d’une licence de théâtre de l’Université Aix-Marseille et de Montréal, elle suit de 2005 à 2010 un cursus professionnel à Music halle, école des musiques vivantes à Toulouse. . Elle participe à de nombreux stages et projets autour de la lecture théâtrale, avec les auteurs Fabrice Melquiot, Alain Gautré, Jacques Rebotier, Marion Aubert, Eddy Pallaro, Catherine Zambon, Sylvain Levey, et de la chanson avec Anne Sylvestre, Michel Arbatz, Claude Sémal. Théâtre et musique sont pour elle indissociables et elle tente de les réunir sous différentes formes. Elle a déjà travaillé avec la compagnie La boucle à plusieurs occasions.

Jérôme Bordas : Comédien.

Comédien lotois au parcours autodidacte, il se forme par le biais de nombreux stages dès les années 2000. Il a notamment travaillé avec les compagnies Carré brune, Acétes, Humani Théâtre (Béziers), Les voix du Caméléon…. Après plusieurs collaborations (« La Nuit blanche de la parole »…), c’est ici la première fois qu’il rejoint la compagnie La boucle.